CANTINI Claude (nato Claudio)
infermiere psichiatrico, giornalista, storico
infirmier psychiatrique, historien

Livorno 9.2.1929 da Orfeo e Ida Tiziani - Chexbres (VD), 20.12.2026
Domiciliato nel Canton Vaud VD:dapprima a Losanna poi a Forel, infine a Chexbres.
Sposato con Elsbeth Eggenberger. Due figli.
Frequenta a Cecina una scuola di agronomia dal 1944 al 1947. Legge l'Adunata dei refrattari che un calzolaio Ottorino Bussotti distribuisce, e l'aiuta a mettere in piedi un gruppo anarchico.
Antimilitarista, preferisce nel 1952-1953 il Servizio civile internazionale che organizzava un campo di lavoro in Calabria.
Poi arriva clandestinamente in Svizzera a fine 1953.
Nel 1954 frequenta una scuola di infermiere in psichiatria fino al diploma del 1957. Lavorerà come infermiere fino al 1989. Sarà pure membro di comitato del sindacato VPOD dell'ospedale psichiatrico di Cery, presidente del gruppo pensionati dell'Unione sindacale vodese, ecc. Membro attivo del Libero pensiero.
Inizialmente collabora al mensile anarchico Il Risveglio edito a Ginevra dal 1957 al 1960 con Carlo Frigerio, Pietro Ferrua, e anche a riviste anarchiche italiane come Volontà, soprattutto su tematiche sulla questione meridionale.
Cittadino svizzero nel 1967. Più tardi si iscrive al partito socialista vodese.
Interessato alla storia politica e sociale, pubblicherà [oltre a una serie di collaborazioni in riviste varie, tra cui "Cahiers d'histoire du mouvement ouvrier"]:
Repression et psychiatrie ou un siècle de travail à l'hôpital de Cery (1972), Le fascisme italien à Lausanne (1976), Le colonel fasciste suisse. Arthur Fonjallaz (1983), l'Eglise nationale vaudoise et le fascisme (1986), Les Ultras: extrême droite et droite extrême en Suisse (1992), Pour une histoire sociale et antifasciste (1999).
Refusant le service militaire en Italie, Claude Cantini, diplômé d’une école d’agronomie, travaille, au début des années 1950, sur des chantiers du Service civil international, en Calabre. Il entre en Suisse clandestinement vers 1953 pour échapper aux poursuites qui frappaient alors les insoumis à l’armée italienne. Il y est accueilli par deux anciennes du SCI, Hélène Monastier et Lise Ceresole.
De 1957 à 1960, il fait partie du groupe qui reprend la publication du Réveil anarchiste – Il Risveglio anarchico avec Pietro Ferrua (1930-2021), comme lui insoumis à l’armée italienne, et Carlo Frigerio (1878-1966).
Une fois sa situation administrative régularisée, Claude Cantini se forme en tant qu’infirmier en psychiatrie et déploie, en parallèle à ses activités professionnelles, associatives et syndicales, une intense activité d’historien. A deux reprises, Cantini se heurte à la hiérarchie de l’institution psychiatrique, comme il le raconte sous forme de fiction dans une sélection de ses articles parue en 1999 sous le titre Pour une histoire sociale et antifasciste : contributions d’un autodidacte.
Doctorat Honoris causa de Mussolini
Sans espoir de professionnalisation académique en tant qu’historien et sans liens avec cette bourgeoisie locale, Cantini peut écrire librement et en pionnier sur le fascisme vaudois. En 1976, quand paraît sa brochure sur le fascisme italien à Lausanne, presque personne ne parle des rapports entre bourgeoisie suisse et fascisme. Sous l'influence d'"historiens" comme Georges André Chevallaz, qui est alors au faîte de sa gloire, la Suisse vit dans l'illusion que sa bourgeoisie n'a pasconnu la tentation fasciste. Dans Le fascisme italien à Lausanne 1920-1943, Cantinidémontre tranquillement le contraire en partant d'un cas spécifique, celui de Lausanne.
C’est dans le cadre des recherches pour la publication de cette brochure que Cantini examine l’existence d’un doctorat honoris causa attribué par l’Université de Lausanne à Benito Mussolini en 1937, c’est-à-dire à un moment où nul ne pouvait ignorer les exactions perpétrées par le régime du dictateur italien. Cantini demande l'autorisation de consulter les archives des débats sur l'attribution de ce titre au sein du corps professoral. Elle lui est refusée par le rectorat qui estime que 2la publication des documents de ce dossier est prématurée".
Convaincu que le fascisme trouve les conditions favorables de son développement dans la proximité entre bourgeoisie et extrême-droite, Cantini poursuit son travail de documentation sur le fascisme local dans un volume qui paraît en 1992 aux éditions d’en bas : Les ultras. Extrême droite et droite extrême en Suisse, les mouvements et la presse de 1921 à 1991. Ce livre constitue toujours une source utile pour percevoir les continuités entre fascisme historique et résurgences contemporaines.
Histoire d’en bas
Si l’histoire du fascisme vaudois et le cas spécifique du doctorat honoris causa de Benito Mussolini constituent sans doute la part la plus connue de l’œuvre historique de Cantini, elles n’en sont en réalité par vraiment représentatives. Militant syndical et associatif, l’historien a surtout produit de courts textes qu’on peut séparer en deux catégories : d’une part, des articles de vulgarisation de questions historiques ; d’autre part, de courts travaux d’histoire locale.
Il destinait les premiers à la presse syndicale ou associative, en particulier Services publics, l’organe du Syndicat suisse des services publics. C’est ainsi, comme le note Charles Heimberg dans son introduction à Pour une histoire sociale et antifasciste, qu’il présente à ses camarades syndiqué·es la Grève générale de 1918 à l’occasion du cinquantenaire de l’événement, alors que les premiers travaux académiques venaient à peine d’être publiés. Dans la même veine, Cantini publiera dans Agorà, l’hebdomadaire d’information politique et culturelle des Colonies libres italiennes en Suisse, une série de portraits de « figures de l’antifascisme italien en Suisse ».
Quant aux travaux d’histoire locale, Cantini les publie partout où il peut. Il se spécialise dans l’histoire de sa commune de résidence, Forel Lavaux, et contribue fréquemment aux journaux locaux.
FONTI: GB-ME / Wikipédia /vedi sua scheda in Stoyadin Mikhaïlo* / Hommage, sur renverse.co / Charles Heimberg, sur blogs.mediapart.fr / Ariane et José, sur laffranchi.info
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